Centre d'histoire des religions, de critique biblique et de recherche des origines
du christianisme. Fondé en 1949 par Prosper Alfaric et Georges Ory.
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Joseph Ernest Renan est né le 23 février 1823 à Tréguier (Côtes du Nord). Breton par son père, il est gascon par sa mère.
Destiné dès l’enfance à la prêtrise, il fit ses premières études à l’école ecclésiastique de Tréguier (1832-1838). Il vient ensuite à Paris achever ses "humanités" à Saint Nicolas du Chardonnet dirigé par le futur Monseigneur Dupanloup (1838-1841). Il commence ses études de théologie

au séminaire d’Issy (1841-1843). En 1843 il entre au Grand Séminaire de Saint-Sulpice et le quitte deux ans plus tard, à la rentrée d’octobre 1845.
Au contact de l’enseignement scolastique et exégétique, il a en effet senti s’évanouir sa vocation sacerdotale.

Cette révolution religieuse fut, avec celle de Lamennais, la plus retentissante du XIXe siècle du point de vue de ses conséquences sur l’attitude en face du christianisme que vont prendre jusqu’à la guerre de 1914 diverses générations intellectuelles françaises. Cette perte de la foi est remarquablement contée dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883). En fait, Renan n’a jamais été profondément croyant. Sa foi découlait d’habitudes familiales et d’émotions enfantines et surtout d’un idéalisme religieux typiquement celte, dont le philosophe ne cherchera jamais à se débarrasser. Ce furent la découverte de la littérature romantique, puis la philologie et surtout la philosophie allemande, et, plus encore, l’influence de sa soeur Henriette qui ébranlèrent définitivement ce christianisme superficiel.

Ayant quitté le séminaire, Renan trouve une place de répétiteur dans une école privée où, de 1845 à 1849, il mène une vie pauvre, solitaire et ascétique, consacrant tous ses moments de loisir à la préparation de ses études universitaires et à ses entretiens avec Lancelin Berthelot
(cf. Correspondance entre Renan et Berthelot parue en 1898). En septembre 1848, il est reçu premier à l’agrégation de philosophie. Agé seulement de vingt-cinq ans, il entreprend la rédaction de L’Avenir de la science qu’il laissa longtemps inédit sur les conseils d’Augustin Thierry et qui ne paraîtra que quarante ans plus tard en 1890. C’est un livre de jeunesse où s’affirme la certitude d’un déterminisme universel rejetant tout surnaturel et un culte lyrique et presque mystique de la science positive.

Il est alors chargé de mission en Italie en 1849 et 1850 et visite Rome, Florence, Padoue, Venise tout en préparant sa thèse de doctorat sur Averroès et l’Averroïsme qu’il présente en 1852.
Car dès son départ du séminaire, il a consacré ses principales recherches aux langues et aux philosophies orientales Elles obtiennent un premier succès avec la parution en 1855 de L’histoire générale et système comparé des langues sémitiques. A la même époque Renan donne à la Revue des Deux Mondes et au Journal des Débats de nombreux articles qui seront collationnés dans Études d’histoire religieuse (1857) et dans Essais de morale et de critique (1859).

Sa renommée s’affirme à partir de 1862 au retour d’une mission archéologique en Phénicie, Syrie, Galilée Palestine au cours de laquelle il a la douleur de perdre sa soeur Henriette, morte à Amschit le 24 septembre 1861.

Renan se voit alors confier la chaire d’Hébreux au Collège de France. Il a alors 39 ans seulement. Mais, dès son premier cours, il sera révoqué, ayant prononcé ces mots jugés sacrilèges : "Jésus, cet homme admirable."

Il décide de publier La Vie de Jésus en 1863. C’est un des événements du siècle, dont le succès est considérable en librairie et qui fut traduite dans toutes les langues du monde. Ainsi, il vulgarise, dans un des plus beaux style de la littérature française, les travaux de l’exégèse allemande en reprenant les thèses de David Strauss. Il pose ainsi, devant le grand public, le problème du Christ Jésus en rejetant toute intervention divine ou surnaturelle.

Renan a été parfois surnommé "l’enchanteur". Il le fut en effet comme Chateaubriand l’avait été cinquante ans plus tôt. Et cela, en grande partie grâce à la magie de son style.

Mais il faut bien avouer que sa Vie de Jésus est davantage un ouvrage de polémique agrémenté d’une poésie certaine et qui tend au romanesque plutôt qu’au scientifique. Cependant, il aura eu pour résultat d’intéresser une large partie du public à des problèmes qui, depuis Voltaire, avaient été mis en sommeil sous l’influence de diverses Églises.

Renan revient ensuite à des travaux plus sérieux avec son Histoire des Origines du Christianisme (1863-1883). Restant fidèle à sa méthode consistant à rejeter, en matière religieuse, toute intervention divine et tout mystère pour n’accepter que les faits "scientifiquement" explicables et prouvés, il ne renonce pas cependant à aimer et faire aimer la beauté.

Si, à Athènes qu’il visite en 1865, il exalte le "miracle grec" dans un des plus beaux textes de la littérature française, il garde cependant une sensibilité chrétienne. Bien que rejetant les dogmes du catholicisme, il n’en continue pas moins d’admirer l’histoire judéo-chrétienne et le montre bien dans l’Histoire des Origines ou l’Histoire du peuple d’Israël (1887-1893) au point que le lecteur, en lisant cette oeuvre, en arrive à ressentir la présence

du miracle que rejette pourtant le scientisme sourcilleux de l’auteur.

Jamais un esprit ne fut moins sectaire qu’Ernest Renan. Son rêve est de concilier toutes les expressions philosophiques et religieuses de l’humanité.

Après 1870 et la chute de l'Empire, il est réintégré dans son poste de professeur au Collège de France.

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